mercredi 12 janvier 2011

La révolution du Jasmin, pour une Tunisie post-Ben Ali

Cela fait un mois que la Tunisie brûle. Un mois que les tunisiens prouvent, jour après jour, que malgré leur réputation de peureux, ils sont bien capables d'aller bien plus loin que nous dans leur détermination pour dénoncer le régime dans lequel ils vivent.

Plus de 50 morts sont à déplorer suite à des affrontements qui ont suivi l'action d'un seul un homme, miné par le système, qui s'est volontairement immolé en face de la préfecture de Sidi Bou Zid... Les manifestations sont très violemment réprimées par les forces de l'ordre. Ces dernières n'hésitent pas à user de tirs à balles réelles sur les manifestants. Non sur les jambes, mais sur le thorax et la tête, comme en témoigne une vidéo particulièrement choquante.

Ce blog a existé pour déverser mes opinions, mes états d'âme, mes humeurs qui dépendent du moment et des situations. Lancé en juin 2005, l'idée centrale tourne autour de cette phrase célèbre : "quand j'entends le mot revolver, je sors mon stylo". Pour la non-violence, pour les actions pacifiques, pour pousser l'histoire dans un autre sens que le mainstream et le politiquement correct et réfléchir aux évènements d'une façon différente. J'ai jamais eu d'objectif particulier en ce qui concerne les lecteurs du blog, ça n'a jamais été une priorité pour moi. J'écris pour le plaisir personnel d'écrire. J'estime que ceux qui essaient de rédiger "académiquement" ce qui ressemble aujourd'hui de plus en plus à de la propagande sont déjà diamétralement opposés à ce que j'écris ici. Je l'assume fièrement.

L'odeur du jasmin à Beyrouth pousse à l'éclosion des bourgeons à Damas. Mais en Tunisie, la révolte du jasmin n'a attendu personne, même s'il a fallu attendre 23 ans de règne de Ben Ali pour observer clairement et non écouter en catimini le désarroi des tunisiens face à la situation socio-économique et politique. La révolte du jasmin est venue comme un coup inattendu, non seulement en Tunisie-même et pour les tunisiens au pays ou dans la diaspora, mais pour nous, arabes voisins, le monde entier et la diplomatie internationale.

Les tunisiens n'attendent pas le soutien des puissances étrangères. Avec trois ministres français qui proposent d'apporter leur soutien aux forces de l'ordre pour rétablir pacifiquement l'ordre, et la ministre de l'UE pour les affaires étrangères dont nous attendons à ce jour ce qu'elle pense de ce qui se passe du pays qui touche la pointe de la Sicile. Les USA ont attendu un mois pour se décider à dénoncer la répression et les violations des droits de l'homme... Certainement, on hésite à lâcher le soutien à Ben Ali, pour des raisons qui sont concrètement infondées et loin de la réalité du terrain. La menace islamiste n'en est pas une en Tunisie, ce sont les petites boîtes de conseil parisiennes qui exagèrent ce genre de propos, pour mieux vendre ou pour mieux soutenir une certaine ligne politique et des intérêts économiques français en Tunisie. Bon, mais dernièrement, on a une très bonne idée du niveau de l'intelligence française. BREF !

Samir aurait certainement écrit à propos de ce qui se passe en ce moment. Il aurait apporté son soutien, il aurait exhorté les intellectuels arabes à sortir de leur silence qui tue pour soutenir la cause de nos pays libres. Sans lui, j'ai l'impression que le monde arabe est orphelin d'un facilitateur ou rassembleur d'intellectuels connus pour dénoncer toutes les injustices qui ont lieu aujourd'hui à Tunis.

Les intellectuels arabes sont les premiers absents je trouve, avant même le soutien de l'ancien pays des droits de l'homme. Et quelle est grande cette douleur, cette plaie qui ne nous aide pas à être plus indépendants face aux intérêts étrangers. Un soutien des pays qui nous entoure est toujours une carte importante à faire valoir face à ceux qui jouent sur des sanctions par exemple ou autres. La Tunisie n'a pas vu de sanctions, alors que la Syrie a failli s'écrouler économiquement. Ben Ali ne sera pas autant traîné dans la boue qu'Ahmadinejad, alors que ses élections sont clairement plus "anti-démocratiques" que ce dernier. Qu'importe ! Qu'importe....

Réveillez-vous, pour l'éclosion des bourgeons dans nos pays arabes. Pour la liberté, pour la démocratie, pour les décisions souveraines, pour la solidarité entre sociétés civiles et résistants face à l'oppression dans les pays du jasmin !!

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Soyez sûr que les lecteurs du Monde en France ainsi que les lecteurs des journaux en Allemagne supportent la revolution et ne souhaitent que la Tunesie puisse se liberer enfin de la dictature!
Specialement en Allemagne, où nous avons pu terminer un regime totalitaire il a juste quelques années, nous serions plus que heureux de voir une fin à la politique actuelle en Tunesie.

Bref, ne laissez vous pas tromper par des actés politiques:

Les européens en étant des citoyens seront très très heureux de voir un changement en Tunesie.

Anonyme a dit…

correction: "supportent la revolution et souhaitent TOUS QUE la Tunesie puisse se liberer enfin de la dictature!"

Anonyme a dit…

le peuple tunisien ne pardonnera pas à la france son silence. Monsieur SARKOZY vous nous avez lachez aux chiens et aux balles.. vous avez du sang sur les mains

Anonyme a dit…

Entendez-bien que Sarkozy n' est pas "LES Francais" ni "LA France" c' est juste Sarkozy.

Et la plupart des Francais voudrait voir que ce Monsieur parte enfin, d' ailleurs.

Donc il ne faut pas confondre les Francais solidaires avec la Tunesie (oui, nous sommes tous solidaires) et le President.

frenchy a dit…

Dsl de ne pas avoir pu te joindre, est ce que tu es toujours au Liban?

Sur le billet, je ne crois pas qu'il y aura contamination au reste du Monde Arabe, j'y reviens sur mon dernier billet